Oser terminer

Rejoindre l’extrême ouest de l’ile de Ré depuis la Rochelle se fait en deux fois. Nous stoppons au Bois-Plage chez Colette, que nous avons sollicitée en dernière minute; nous n’imaginions pas trois jours avant être à l’Ile de Ré. Elle nous a accueillis au pied levé, fait confiance et semé quelques graines au cours d’une conversation d’un soir.

On file au réveil vers le camping de St Clément des Baleines conseillé par Mikhal, membre très active de Coopali. L’ile de Ré a un parfum d’enfance pour Fanchon, Alex panique en comparant son compte bancaire aux prix pratiqués partout sur l’Ile.

Rejoindre le marché d’Ars en Ré en vélo pendant le pont de l’ascension c’est comme faire un footing sur le périphérique un jour de grève. Ultra dangereux! Tous les franciliens sont là, énervés, ne connaissent plus le code de la route, ne savent pas faire de vélo, s’arrêtent en oubliant la file de cinquante vélos derrière eux, doublent dans les virages, perdent leurs chapeaux. Le pire, c’est les très vieux, qui s’offrent une seconde jeunesse en vélo électrique et qui sont défrisés par la vitesse. Là il y a grand danger. Leur engin les emporte, ils ne contrôlent plus rien.

Mais nous vivons un grand moment de poésie. Au marché d’Ars en Ré, il y a un manège. Le manège de Donin. C’est le manège en chanteur. Donin accompagne le tour de manège en chantant.  Il écrit et chante des chansons pour enfants et c’est tout un univers onirique qui s’ouvre à eux. Le tour de manège devient un spectacle en chansons et musique. Sur ce manège atypique, les enfants sont invités à décrocher la lune, à pêcher une étoile de mer filante ou avoir un coup de cœur.

C’est sur le vélo tandem que nos deux enfants choisissent de faire leur tour de manège. On y voit un chouette clin d’œil à notre voyage.

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On est dimanche 28 mai, l’Ile de Ré se vide, nous partons voir la maison du Fier. Un hérisson nous arrête, nous prenons le temps de l’observer. Les enfants sont captivés. On s’arrête un peu plus loin et en mettant le vélo sur béquille celui çi verse, le bras droit de Mona se retrouve entre le siège et le sol. On la relève en sachant immédiatement que son os est cassé. Les pompiers arrivent vite et appellent l’hélicoptère de la sécurité civile pour emmener Mona à La Rochelle et éviter les bouchons sur le Pont lié au pont… (record de fréquentation battu ce week end là, 4h de bouchon pour quitter l’ile le dimanche d’après midi).

Par chance, notre voisin de camping passe à ce moment là en voiture et ramènera deux vélos, Fanchon rentrant avec le cargo et les deux enfants. Archibald ne pouvait pas prendre l’hélicoptère. C’est donc Alex qui partira en hélico avec Mona, il verra surtout beaucoup de piscines en survolant l’île de Ré.

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Double fracture et opération sous anesthésie pour réduction de fracture. Mona passera une nuit à l’hôpital, veillée par Alex.

Lundi, remorque livrée, retrouvailles au camping , on se retrouve tous les 5 pour un nouveau voyage à construire. Deux jours d’errance, camping vide et des enfants qui pleurent dès que Fanchon s’éloigne.

On hésite à s’arrêter, on a un sursaut d’énergie pour une journée de balade. Nous partons à St Martin sur les traces des vacances de Fanchon. Beaucoup de souvenirs partout. C’est très émouvant. Visite du clocher, glace 3 boules promise à Mona, Parc et Alex plein de sang-froid sauvera Archibald d’un étouffement à l’emballage de gâteaux (Fanchon est étendue sur le mini golf – charge mentale…).

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Pied, fièvre, bras, étouffement, ce concentré de petits accidents révèle notre fatigue et que nous perdons en vigilance. Le retour de St Martin est un des plus beaux trajets que nous ayons parcourus : on roule vers le coucher de soleil, chant des grenouilles, lapins en furie… Mona qui voulait tous les attraper pour les … bouffer !

Si on continue, sans sauts de puce possible d’île en île hors saison, le rythme de déplacement sera toujours très soutenu. Un coup de fil à St Martin nous refroidit définitivement : on nous propose une maison gérée par un hôtel à 3200€ au lieu de 4000€ pour 4 nuits. On est à l’île de Ré, il fait très beau, il n’y a personne et nous ne parvenons plus à prendre du plaisir. On accepte qu’on est fatigué, qu’il faut s’arrêter et rentrer.

Alex trouve des billets de train pour le lendemain matin pour famille sacs et vélos.

Une belle pêche à pied pour conclure le voyage : crabes, gobi, bigorneaux…tout est là.

Donin nous sauve de l’impasse de l’Ile de Ré. Il nous emmène en minibus à La Rochelle. Les enfants sont fous de joie de ce moment privilégié avec lui. Souvenirs et cadeaux en prime! Sans lui, nous devions faire une étape de 50km avec l’impératif d’être à 10h du matin à la gare.

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On réussira à prendre le Tgv avec toute notre équipée et même confortablement, en arrivant près d’une heure en avance tout de même. Après 6 trains différents, on fait le constat que prendre le train en vélo cargo chargé est bien possible, moyennant organisation, patience et respect de l’autorité du contrôleur !

Sur le quai de la gare Montparnasse, il nous faut une heure pour remonter les vélos et les charger. Une pluie diluvienne nous accueille. On roule vers la maison à travers Paris qui découvre ce convoi avec surprise et encouragement.  Nous mettrons deux heures. Les enfants redécouvrent la vie loin du regard des parents, Alex met une bière au frais, Fanchon se prépare à une bonne nuit, bref soulagés, nous avons pris la bonne décision.end

On est rentré depuis le vendredi 2 juin! Émile est retourné à l’école avec plaisir, Mona retrouve ses jouets et Archibald découvre les siens. La vie sédentaire reprend tranquillement son cours, nos enfants ont bcp grandi, Archibald n’est plus un bébé.. Nous continuerons à alimenter le blog, encore des choses à partager! Et merci  merci pour tous les commentaires, ca nous faisait du bien… A bientôt

 

Savoir continuer

Cher-es ami-es lointain-es et très proches,

On était à Lacanau, un camping comme la majorité de ceux qu’on a croisés : des emplacements pour mobil-homes, un restaurant, un bar, une épicerie, des animations, une piscine « espace aquatique », une salle de jeux vidéos etc. Bref, un coté village vacances où tout est fait pour que les vacanciers restent sur site plutôt plus que camping nature où l’on explore les environs. On n’avait pas prévu ça, mais on pensait candidement qu’un camping était un camping, on n’avait pas vu le film ! En tous les cas on trouve un emplacement et on s’installe ! Le point très chouette dans ces camping est qu’ils ne peuvent mettre des mobil-homes face à la mer en raison des lois de protection du littoral, du coup ces emplacements sont nus et accessibles aux tentes. On n’a pas le grand confort mais la plus belle vue. La 1ère photo est au camping de Lacanau, la 2nde à un camping au nord du cap Ferret avec vue sur le bassin d’Arcachon et la Dune du Pilat au fond.

P.s : De ce qu’on a vu de la côte atlantique sud, on ne dit plus « camping » mais « hôtellerie en plein air ».

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A Lacanau, Alex a sa fièvre annuelle, 38.5°c (deux jours alité, au bord de l’Ohio – un 39.9° chez une femme! Une histoire de charge mentale…). Le pied de Fanchon continue de la faire souffrir (il s’est jeté contre une marche d’un toboggan aquatique), elle ne quittera plus ses tongs du voyage. Archibald fait l’oiseau de nuit et continue de s’éveiller aux effluves de lait maternelle qui doivent emplir la tente, Émile et Mona souffrent un peu de la solitude du creux de vagues touristiques, le camping est vide d’enfants. La mer n’est pas praticable (baïnes et baignades non surveillées).

Bref, la fatigue se manifeste de diverses façons…On quitte le campement en mettant toujours 1h30/2h pour tout plier. On se dit que c’est quand même beaucoup d’énergie. Mais on a vu mieux. Près de nous une famille Bordelaise est venue camper pour le week end avec – drôle de hasard – le quasiment même cargo démonté dans leur voiture  (en tous les cas un douze, du coup on s’est salué, communauté oblige! ). Et bien le premier jour le père a utilisé son vélo pour aller à la piscine, située à 200 mètres. Alors bon, c’est aussi beaucoup d’énergie , parce qu’il a fait ça le deuxième jour aussi et ils sont partis… après une grande balade à travers la forêt landaise quand-même.

Nous nous repérons grâce aux cartes des pistes cyclables de l’office du tourisme, doublées des nombreux panneaux le long du parcours. Nous aurions du nous méfier de la précision ‘ »piste étroite » qui veut dire : des km de blocs de bétons armés, de 75 cm de large posés les uns à la suite des autres par les allemands. Sûrement fantastique en VTT. Pour nous ça veut dire pédaler chargé sur un demi-trottoir, et sous 35°, à midi … L’effet : l’impression de pédaler sur une poutre, une crise de nerf, une chute, faire tomber son gamin… Résultat : 15km plus loin et 2h plus tard, on se pose au domaine de Bombannes – village ucpa – dans une tente toute équipée.

Nous sommes hors saison, l’épicerie est fermée, nous n’avons plus rien à manger. Si, un plat de survie. Un mélange déshydraté qu’on met de l’eau chaude dedans, qu’on ferme le sachet, qu’on attend 10 minutes, et qu’on rouvre. Heureusement on a faim; et le camping ucpa est super. On est au milieu des pins, on a de vrais lits avec des couvertures, une table, des chaises et des couverts. La nuit est bonne, Alex et Émile reviennent les bras chargés de viennoiseries, beurre frais, fromage et le canard enchaîné du jour. Le réveil est agréable, le café est chaud.le petit chemin de lescargot

Nous sommes dans un village ucpa, c’est parti pour la découverte de l’accrobranche. Et coup de chance, le loueur de vélos, tjrs ucpa, met à dispo d’Alex son atelier vélo, ce qui lui permet de changer un rayon cassé et de dévoiler sa roue. Émile en profite pour essayer un vélo de grand, et oui c’est bien mieux. Son vélo est immédiatement has-been et son seul souci est de trouver un vélociste ouvert.

Il est 18h, nous avons une étape à faire. Direction Hourtin, sous la pluie cette fois, mais sur une superbe route, large.

trouver le temps de prendre une photo malgre

Nous arrivons sous la pluie battante à 20h, le camping est hors de prix, (ca tombe bien la piscine ne fonctionne pas!), nous n’avons pas le choix, il faut mettre tout le monde à l’abri sous la bâche le temps de monter la tente. Le restaurant le Surf a été très accueillant avec nous, le soleil s’est couché de la plus belle des manières.  Déluge

allaitement singing intherain

Nous trouvons refuge à « La fabrique » pour un petit déjeuner à rallonge. Le camping, toujours hors de prix, n’a aucune solution a nous proposer pour mettre les enfants à l’abri pendant qu’Alex plie la tente sous le déluge, aucune salle, aucune pièce, ne comptons pas sur la réception pour mettre un ordinateur inutilisé à disposition. C’est mal nous connaître. Nous repérons le club enfants, le spécial 3-7 ans. Une main sur la poignée, la porte s’ouvre! Nous prenons nos quartiers au milieu des livres, feutres, crayons, feuilles, ballons, matelas… c’est idéal, le temps de plier les affaires et de profiter de la première éclaircie. Ni vus ni connus, nous repartons sans laisser de traces. 14h30 direction Soulac/Mer, 40 km de pédalage facile et agréable. On a l’impression d’avancer et d’avaler les kilomètres.

19h00 – entrée dans Soulac. Alex demande à un habitant s’il connaît un hébergement. Nous ne pouvons pas camper : tente, duvet, matelas ont souffert de l’orage, portent les stigmates de la nuit passée, tout est trempé. Alex aura ainsi compris l’intérêt des tranchées autour de la tente… Nous nous dirigeons vers le centre ville quand réapparait face à nous l’habitant qui a une proposition à nous faire : un hébergement pour une nuit. Nous arrivons chez Régine et François. Régine pousse la porte d’une dépendance et là une très jolie chambre, ultra confortable se découvre. On en pleurerait de joie et de soulagement. Il y a un auvent où tout faire sécher, on nous propose de laver notre linge, et si on le souhaite, on peut rester une seconde nuit. Nous filons au dinner américain voisin, nous régalons d’Hamburger/Frites, entendons de la musique américaine des années 50-60… nous sommes hors du temps. Alex est fatigué, c’est ça de creuser des tranchées en pleine nuit! et les enfants retrouvent des couleurs rouge ketchup!lacanau repas

chien battu

Découverte de Soulac, on achète un vélo pour Émile, on accessoirise la trottinette de Mona, on vérifie nos vélos chez Ericycles qui fut de très bon conseil. Il nous suggère d’utiliser une remorque à une roue. Alex en commandera une quelques jours plus tard, à un autre vélociste très sympa et généreux : cycles Delalaire à Plouzané qui facilitera l’achat de la remorque

Nous passons une délicieuse soirée avec Régine et François, les enfants dorment! Au réveil, en route pour le Verdon/mer, le phare de Cordouan nous attend. Nous prenons un premier bateau puis un bateau amphibie pour atteindre le seul phare consacré du monde et un des seuls encore gardé. Le Phare de Cordouan est le plus ancien des phares français encore en activité. D’étage en étage, sublimissime.

Nous passerons deux nuits au Verdon chez Patricia, propriétaire battante du bar à vin Le Port aux Huîtres. La vie politique française parait bien loin de ce monde et pourtant le front de mer se fait parfois national le long du littoral. Nous respirons l’air d’un bout du monde à la pointe de Graves.

patriciahourtinboutmonde

Un voyage se termine, un autre commence avec la traversée de l’estuaire de la Gironde direction Royan par le bac puis la Rochelle en train. Nous avons décidé, malgré quelques inquiétudes, de tenter un trajet en train pour rallier rapidement La Rochelle. Taille de l’espace vélo, marches pour accéder au train, accès aux voies, changement de train, et surtout accord du chef de bord. Réussite complète, enchaînement facile et coup de main du personnel à la Rochelle pour porter les vélos et les sacoches. On est réconcilié avec la sncf. Saut dans l’espace et dans l’ambiance. Chaleureuse guinguette au port de la Rochelle, on retrouve la piste cyclable de notre précédent voyage pour rejoindre le domicile de Maria, notre hôte Servas pour la nuit. Puis direction l’Ile de Ré. Alex manque de perdre sa moumoute sur le pont, en raison du vent. On avance, il fait très beau, nous arrivons en terre connue. pontventré

On est toujours là!

Acceder à un ordinateur en France relève quasiment de l’impossible depuis Moissac. Il y a du wifi – plus ou moins gratuit – partout mais aucun ordinateur accessible…

Nous avons passé finalement quatre nuits dans l’ancien carmel de Moissac avant de filer en train à Bordeaux. La route est dangereuse sur cette portion et la pluie annoncée. Nous chargeons dans le train et une chouette famille de cyclo touristes nous aident à descendre tout le chargement à Bordeaux. La sortie n’est accessible que par escaliers. La manœuvre prend 50 minutes.

Nous séjournons chez Elisabeth pendant trois nuits pour prendre le temps de flâner dans Bordeaux. Piscine, cinéma, glaciers, librairies et découverte de la ville.

Dune du pila, bassin d’Arcachon, Cap ferret et maintenant Lacanau. Nous sommes de retour au camping et on commence à tous s’y faire. Au début ça ne faisait qu’un qu’avec Alex. Les enfants n’aimaient pas manger par terre, j’ai horreur de l’orage au dessus de la tente et de la fourmilière dans la tente, Archibald ne fait plus ses nuits et je ne savais plus trop pourquoi on mobilisait tant d’énergie pour avoir un repas presque chaud et une nuit au sec. On a dormi dans des paysages fantastiques, des levers et des couchers de soleil qui valent un peu de frais et d’humidité, on a rencontré des chouettes familles en camping et quand on pédale dans la forêt de pins, qu’on discute longuement avec l’enfant qui est sur notre vélo,  alors on est bien là où on est.

Les enfants ont appris à faire du feu, à utiliser les couteaux suisses, à pêcher avec des pêcheurs qui leur donnent leurs secrets…

Cote équipement: on a déjà renvoyé un gros carton de choses inutiles pour s’alléger un peu.

pas de barre de remorquage pour Emile. Il pédale quand il veut, on attache son vélo au cargo quand il arrête. Il fait maintenant 10 km sans pb et découvre la joie de l’équilibre en danseuse.

On avait pris pour nous un king Size matelas, bien confortable. On a bien fait, on est 5 dessus.

J’ai gardé le babycook qui pèse lourd mais qui permet de préparer des soupes, purées et compotes fraîches en un temps record.

On avait un bout de savon qui servait à se laver, corps et cheveux !!- à faire la vaisselle et la lessive. J’ai craqué après 3 semaines, on a maintenant shampoing, produit vaisselle et lessive…

on ne parvient pas à lâcher nos livres et on réfléchit à passer à la taille supérieure pour la tente. On gagnerait en confort les jours de pluie.

Bilan des 3 premières semaines : nos enfants sont hyper adaptables, on leur impose un mode de vie et un rythme soutenus auxquels ils répondent bien. Ils demandent parfois pourquoi on n’a pas pris la voiture pour aller en Bretagne et si un jour on retournera dans notre maison. Ils sont fous de joie quand on mange autour d’une table avec des vraies chaises. Ils commencent à apprivoiser la vie en extérieur 14h par jour…

Encore 2 nuits à Lacanau et on remonte vers Soulac. A bientôt, on espère que vous allez tous bien.

Montech – Moissac

Hier, dynamisés par la fraîcheur de la nuit, nous avons rejoint Moissac, 25 km depuis Montech. Tous en selle, Émile à vélo pour 5 bons kilomètres, Mona et Archibald en conversation dans leur cabane.

La route se passe bien, une pause de quelques minutes dure une bonne heure le temps de voir un bateau de location (le canal est uniquement touristique maintenant) passer l’écluse, de discuter avec le personnel (Voies Navigables de France) en charge des écluses et manger quelques graines et fromage local.

Nous avons passé le Pont-Canal de Cacor, édifice qui permet de naviguer au dessus du Tarn, très impressionnant. Photo 2 : enfilade de trois ponts : fluvial, ferroviaire et routier en arrière plan. Sur la 3ème on voit la différence de niveaux.

Moissac, située sur le chemin de Compostelle, a des airs de Toscane. Nous logeons pour deux nuits dans l’ancien Carmel, l’accueil est généreux et hospitalier, nous croisons beaucoup de pèlerins, en chemin, eux aussi. On est à l’intersection de deux diagonales, la notre, en gros Toulouse Brest, et la leur, Le Puy en Velay-St Jacques de Compostelle. Les échanges avec plusieurs pèlerins (pas de raisons religieuses dans ceux croisés) donne ce constat : leur diagonale ne prend de sens que parcourue seul… Une autre histoire. La ville de Moissac est célèbre pour son abbaye et son cloître, considéré comme le plus beau du monde. Alex est ému (et au paradis!) . Il a quand même la présence d’esprit de prendre des photos des autres où l’on voit qu’ils vont bien aussi !

 

Montauban – Montech

Mercredi nous partons pour notre première étape : Montauban – Montech en longeant le canal de Garonne. La (1ère ?) grande nouvelle de ce voyage c’est que Émile pédale. Et ça c’est une sacrée nouvelle parce qu’il sait faire du vélo depuis vendredi dernier… Nous avons donc choisi d’apporter son vélo. Émile pédale entre 4 et 6 km par étape, d’une traite. Il s’arrête régulièrement pour regarder un tracteur, un oiseau, des poissons dans l’eau, discuter, remarquer que « là on est bien, on pourrait faire une petite pause »et lâche même un « on pourrait faire l’école comme ça ». C’est fantastique de sentir la liberté au bout de ses roues. Première photo, nous sommes au km 0 de notre voyage, troisième photo c’est ma chute, 200m plus loin… genou abîmé, moral d’acier!

nous pédalons d’écluse en écluse et le paysage est ravissant.

Nous dormons au camping municipal de Montech… Manu, notre météorologue avait prévenu des gelées nocturnes (Merci Manu !). Nous nous préparons à une nuit difficile. Le directeur du camping nous propose de nous installer dans une cuisine si nous avons trop froid. Ca nous fait une roue de secours. Difficile de choisir entre l’audace d’une nuit incertaine mais qui nous donnera confiance (en nous et dans le matériel)  si elle se passe bien et la responsabilité de ne pas jouer vis à vis des petits. Le fait que des travailleurs logés au camping passent tour à tour dans la cuisine (notre chambre hypothétique !) pour aller prendre leur douche du soir et la bonne préparation de la tente nous décide. On allume quelques secondes le réchaud à gaz pour chauffer l’air intérieur. Nous endormons serrés comme des sardines, Archibald dans mon duvet, Émile et Mona sur notre matelas, entre nous deux. Réveil des parents à 5h30, c’est le moment le plus froid de la nuit, tout le monde dort bien au chaud. Fanchon transpire même ! Ce qui nous sauve ? L’isolation ( Millefeuilles) ! Grandes couvertures de survie au sol puis matelas, large et très très épais, nous en sac de couchage, une petite couverture de survie sur nous tous (qui condensera d’ailleurs, on sera vigilent la prochaine fois) enfin la tente qui est effectivement givrée (photo à 7h30)! Elle est en tissu, c’est lourd mais ça isole, et surtout ca respire, on vous racontera les grandes chaleurs. Prochaine étape, faire un feu dans la tente (si si ! Une ouverture est prévue à cet effet dans la partie haute du tipi, bigre !)

 

givre sur tente

 

C’est parti!

Lundi 17 avril, 9h15, nous arrivons gare d’Austerlitz pour le grand départ : où l’on découvre que nos vélos débordent et la SNCF n’a pas la même logique que nous!

Première mauvaise surprise : nous avions, par anticipation, réservé sur un TER, 3 emplacements de vélos non démontés. Un pour le vélo classique et deux pour le cargo qui se divise. Sur ce train, une voiture particulière (on ne dit plus wagon depuis la guerre) se divise en deux, une partie pour les vélos non démontés, l’autre pour les personnes handicapées. L’accès vélos se faisait par l’entré « classique » de la voiture, donc étroite, nous demandons au contrôleur et responsable du train de bien vouloir ouvrir la porte d’accès centrale pour les personnes handicapées car elle distribue les deux espaces, c’est non ! Pourquoi ? Parce que ! Et s’il décide que nous ne montons pas dans le train, malgré nos billets, nous ne monterons pas dans le train, il reste le seul maître à bord…  Le coup de 3 espaces réservés pour 2 vélos n’y fait rien,  un vélo cargo est un vélo hors gabarit donc interdit… Le contrôleur dit clairement que si nous avions réservé toute la voiture vélo (enfin le wagon vélo vous suivez) nous n’aurions pas plus le droit de monter à bord. Alex respire.. Au final il est d’accord pour nous accueillir à bord et même nous ouvrir la porte d’accès pour personnes handicapées. On comprendra plus tard qu’il y a une histoire de responsabilité juridique avec l’usage de cette porte si elle utilisée pour quelqu’un de non handicapé. Surprise à quai, Lou et Andréa arrivent nous dire au revoir. Lou et moi installons les enfants, accueillis par le délicieux « Fais chier, des enfants » d’une lectrice concentrée, Andréa et Alex chargent sacoches et vélos par la petite porte (merci à vous deux !). Tout est là, nous partons, nous respirons. Pour être sûrs d’embarquer dans le train les prochaines fois il faudra donc démonter entièrement le vélo cargo afin de la faire tenir dans 3 housses aux dimensions sncf. Ce sera plus long, mais ça évitera les doutes.

Première bonne surprise : le coin enfants du TER… un vrai endroit dans le train où les enfants peuvent s’allonger, jouer, où il y a des blocs moteurs en mousse. Un oasis!

Deuxième bonne surprise : à l’arrivée, les agents de gare de Montauban acceptent aussi de nous ouvrir la large porte… Tout est plus facile, un charmant voyageur à vélo nous aide. Alex remonte vélo et matériel (passage de la photo 2 à la photo 3 ou comment faire d’un tas sur le quai un équipage Bucéphale), Élisabeth et Jean-Jacques, nos hôtes Servas sont venus nous chercher. Nous prenons la route pour rejoindre leur maison, nous sentons le soleil autrement plus vif, les grillons nous accompagnent. Les vacances à vélo, c’est parti!

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Nous restons deux nuits chez Élisabeth et Jean-Jacques, apprécions leur gentillesse et leur accueil et les histoires qu’Élisabeth raconte aux petits. Mardi, nous visitons Montauban, révisons le chargement et décidons de filer mercredi matin pour notre première étape : Montauban – Montech : 11km…

 

Derniers réglages et premier test

Hier, nous avions rendez-vous devant Notre-Dame pour une dernière révision des vélos. Rendez-vous est pris avec Thomas de Cyclofix pour faire vérifier nos vélos et procéder aux derniers réglages (Jonas avait précédement vérifié le cargo). Même si Alex bricole les vélos, il est bon de savoir que les roues sont bien réglées (tensions suffisante et équilibrée des rayons et roue non voilée). La rencontre des Douze au kilomètre Zéro et un baptême réussi pour Archi’ . La canopi est montée volontairement à l’envers pour que nous puissions se voir, le bébé et nous. IMG.jpgfanchonArchi.jpg